Théologie

« Abrogation » ou « abomination » ?

Nous allons aborder Si Dieu veut, un des concepts les plus absurdes qu’il m’ai été donné de rencontrer et auquel je n’ai jamais réussi à adhérer … même à l’époque ou j’ai été parmi les sunnites. Il s’agit du concept d’abrogation des versets…

Mais pour comprendre je vous invite à d’abord vous salir un peu le cerveau par la lecture d’un extrait pris sur le web… lisez bien :

… il serait intéressant de rappeler les principaux cas de figure du  » Naskh  » (abrogation) qui existent.

1. Certaines fois, le verset a été complètement abrogé, c’est à dire aussi bien sa lecture que l’ordre qu’il renferme ont été fait  » Mansoukh « . Aïcha (radhia allâhou anha) rapporte dans un Hadith qu’il existait à l’origine un verset du Qour’aane qui statuait que si un enfant avait bu 10 gorgées de lait d’une nourrice, à ce moment seulement cette dernière devenait sa mère de lait, et les liens de mariage devenaient interdits. Par la suite, ce verset a été retiré du Qour’aane et l’ordre qu’il contenait a aussi été abrogé, pour être ramené à une seule gorgée (selon les savants de l’école hanafite).

2. D’autres fois, c’est seulement la lecture du verset qui a été abrogée, c’est à dire que le verset a été retiré du Qour’aane, mais l’ordre qu’il contenait a été conservé et est encore en application. Exemple de ce genre de verset: Oumar (radhia allâhou anhou) nous apprend dans un Hadith qu’il existait au sein du Qour’aane un verset qui mentionnait la peine de la lapidation pour ceux qui commettent l’adultère alors qu’ils sont mariés. ( » ach chaykhou wac chaykhatou idhâ zanayâ fardjimouhoumâ albattata nakâlamminallâh wa rasoulih « .) Puis il a été retiré du Qour’aane mais l’ordre qu’il contenait a été conservé.

3. D’autres fois encore, c’est l’ordre contenu dans le verset qui a été abrogé, tandis que le verset lui-même a été conservé dans le texte coranique. Exemple de ce genre de verset:
 » Ô vous qui avez cru ! Quand vous avez un entretien confidentiel avec le Messager, faites précéder d’une aumône votre entretien : cela est meilleur pour vous et plus pur. Mais si vous n’en trouvez pas les moyens alors Allah est Pardonneur et très Miséricordieux ! » ( Verset 12 – Sourate 58).
Ce verset a été abrogé par le suivant :
 » Appréhendez-vous de faire précéder d’aumônes votre entretien ? Mais, si vous ne l’avez pas fait et qu’Allah a accueilli votre repentir, alors accomplissez la Salat, acquittez la Zakat, et obéissez à Allah et à Son messager. Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.  » (Verset 13 – Sourate 58).

Voici donc un résumé de ce que les savants musulmans ont écrit sur la question. (Références: « Al itqân fi ouloûmil Qour’aane », « Ouloûm-oul-Qour’aane », « At tafsîr oul Mounîr » et « At Tafsîroul Kabîr », entre autres.)

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Reconquérir le statut de « Moumine » perdu lors du péché originel.

Je reviens à nouveau sur le sujet du précédent article afin de clarifier un peu certains points suite à quelques remarques qui m’ont été faite. Un Frère, qui me soulignait une contradiction entre les deux titres des deux précédents articles.

Il s’agit probablement d’une mauvaise explication de ma part, d’où la nécessité d’y revenir… Et je vais faire d’une pierre deux coups car je comptai aborder justement aujourd’hui le sujet de la théorie d’abrogation de versets émise par le monde sunnite. Et on verra que les sujets se rejoignent en ce qui concerne la « compréhension ».

Si mes deux articles semblaient contradictoires, c’est dû à ce phénomène d’interactivité entre « soumission » et « foi » que j’ai souligné justement précédemment et que l’on pourrait comparer d’ailleurs au « Caducée d’Hermes ». (nota : revoir au besoin le sujet du 23 juillet 2010) Continuer la lecture

Êtes vous plutôt Mouslim (soumis/musulman) ou bien Moumine (croyant) ?

Les versets 49 :14 et 49 :15 semblent nous indiquer que « Moumine »(Croyant) est plus élevé en degrés du point de vue de Dieu, que « Mouslim » (soumis).

{Coran 49 :14} Les Arabes dirent, « Nous sommes Moumines (croyants). » Dis, « Vous n’avez pas cru ; ce que vous devriez dire est : « Nous sommes Musulmans (soumis). » jusqu’à ce que la croyance soit établie dans vos cœurs. » Si vous obéissez à DIEU et à son messager, Il ne laissera pas une de vos œuvres se perdre. DIEU est le Pardonneur, le Plus Miséricordieux.

{Coran 49 :15} Moumines (croyants) sont ceux qui croient en DIEU et Son messager, puis atteignent l’état de n’avoir aucun doute de quoi que se soit, et se battent avec leur argent et leur vie dans la cause de DIEU. Ce sont les véridiques.

Relisez attentivement le verset de temps à autres pour bien l’apprivoiser.

Afin de comprendre un peu mieux, rappelons ce que nous avons vu au précédent article :

Moumine = celui qui a confiance –> donc aspect spirituel/intellectuel de la foi.

Mouslim = celui qui se soumet –> donc aspect physique/rituel de la foi.

Regardons maintenant la foule de versets qui précédent ces deux-ci et qui nous parlent des croyants et les définissent : Continuer la lecture

Etymo … logique !

Au précédent article nous avons vu que le mot « Al-Nass » Étymologiquement voulait dire « celui qui oubli » ou « celui qui a oublié ». Aujourd’hui nous allons inch’Allah étudier le sens de quelques mots courants dans le Coran par une approche Étymologique, autrement dit l’analyse de la racine dont les mots découlent. Et vous verrez que cette méthode apporte un léger plus dans la compréhension globale des choses, et peu s’avérer fort intéressant dans l’étude de certaines notions religieuses.

Le but n’est pas d’apprendre l’arabe ainsi, mais de nous sensibiliser à cette approche différentes des mots coraniques.


Le Mécréant : Se Dit  « Koufar » en arabe, sa racine vient de « Kafara » qui évoque entre autres la notion « d’éloignement », ou de « rejeter au loin »… Ainsi le mécréant c’est celui qui s’éloigne de Dieu, ou qui rejette au loin ses enseignements, jusqu’à ne plus les voir (ce qui amène à un autre seens de la racine qui est « couvrir »). Ce que nous traduisons généralement en Français par « mécréant ». Nous retrouvons ce mot et cette notion dans le verset 3 :193 par exemple :
Dans le verset 3 : 193 il est dit : Wa Kaffir 3Annā Sayyi’ātinā Traduit généralement par : « fais-nous grâce de nos péchés » et qui peut aussi se traduire par « éloigne (écarte) de nous nos péchés ». Continuer la lecture

L’Effet Papillon

L’Expression « Fayounabiyoukoum bima kountoum ta’maloune » qui veut dire : « puis Il vous informera de tout ce que vous aviez fait » apparaît de nombreuse fois dans le Coran : 5 :14, 5:105, 6:60, 6:159, 9:94, 9:105, 10:23, 29:8, 31:15, 31:23, 39:7, 41:50, 58:7, 62:8.

Nous sommes à même de nous demander : Mais pourquoi Dieu devrait nous informer d’une chose que nous avons faite ?

Il semble en effet étrange qu’il y ait besoin de nous informer d’une chose que nous devrions déjà savoir, puisque c’est nous qui l’avons faite!

De toute évidence, Dieu souligne par là notre inconscience dans la majeure partie de nos actes. Prenons tout de même le temps d’analyser cela à la lumière du Coran, ce pourrait être instructif. De plus, si cette phrase est ainsi répétée autant de fois ce n’est certainement pas pour rien.

Premièrement, notons que l’homme est de nature à oublier, et que Dieu a formater notre mémoire avant de nous mettre au monde, au point que l’on ne se souvient pas notre vie passée. Continuer la lecture